Grippe porcine: les Etats-Unis ont installé un laboratoire au Mexique

WASHINGTON - Un laboratoire américain a été installé au Mexique pour que les scientifiques puissent procéder à des diagnostics rapides du virus de la grippe porcine et mieux étudier la maladie, a annoncé jeudi un responsable américain des autorités sanitaires.

"Nous avons désormais un laboratoire qui fonctionne au Mexique, qui peut diagnostiquer ou confirmer la présence du virus H1N1" de la grippe porcine, a déclaré le Dr Richard Besser, directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) au cours d'une conférence de presse.

"C'est vraiment une étape importante. Cela va nous aider à faire des recherches là-bas, car nous serons vraiment en mesure de confirmer des cas, et ensuite d'évaluer le facteur de risque à partir de ces cas, de voir comment ils sont traités", a-t-il dit.

"Ce sera très utile pour accélérer le rythme de ces recherches" a-t-il expliqué.

Le Mexique constitue l'épicentre de l'épidémie de grippe porcine avec huit décès confirmés et 84 décès suspects. Au total, 99 personnes ont été contaminées de manière certaine par le virus et plus de 1.600 pourraient avoir été touchées, faisant craindre une pandémie imminente à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le Dr Besser avait expliqué plus tôt dans la journée que les autorités américaines enquêtaient sur l'origine de l'épidémie. "Le lieu où elle s'est déclenchée est important car cela peut nous éclairer sur de futures mesures de prévention", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne CNN.

Mais "ce qui est vraiment important aujourd'hui au Mexique c'est de comprendre l'ampleur de la maladie et pourquoi ils (les Mexicains) rapportent plus de cas graves. Si l'on peut comprendre cela, on pourra aider notre pays et d'autres pays à empêcher que cela arrive", avait-il souligné.

Il a expliqué au cours de sa conférence de presse que les chercheurs américains se posaient un certain nombre de questions sur les différences entre la situation au Mexique et aux Etats-Unis.

"Est-ce que cela a quelque chose à voir avec les mesures qui ont été prises dans un premier temps au Mexique, est-ce une différence relative au virus, une différence relative aux individus malades, une différence due au temps qu'ils ont mis avant de se faire soigner ou concernant le traitement qui leur a été donné", a-t-il énuméré.

Etant donné la rapidité à laquelle l'épidémie évolue et le fait qu'elle en est encore à un stade précoce, il est trop tôt pour tirer des conclusions sur le virus et la façon dont il pourrait muter, a-t-il ajouté.

(©AFP / 30 avril 2009 19h40)